62677506_p         Après deux romans de Karine Giebel, j'ai donc lu un roman de Franck Thilliez.

         Il commence sur les chapeaux de roue. Deux informaticiens victimes d'un licenciement économique vont tagger leur ancienne entreprise. Puis ils roulent à 160 km/ h, les phares éteints, dans les éoliennes de Dunkerque. Alors ils percutent un homme, tué sur le coup (forcément...). Il avait deux millions d'euros en sa possession.

         Les deux hommes prennent l'argent. Il y en a un, père de famille, qui a quelques remords. L'autre, Vigo, est aussi attaché au fric que l'écureuil de l'âge de glace l'est à son gland. Il le dépense donc, achète des cigares pour son père qui était mineur dans les corons. Ensuite, il le protège, le met en lieu sûr... et il finit par voir son pote comme un obstacle à éliminer.

        Il faut ajouter à cette intrigue une deuxième histoire puisque l'argent était celui d'une rançon destinée à la libération d'une fillette aveugle. Donc la Bête tue la fillette. Puis elle traque les deux chômeurs. Mais elle capture aussi une autre fillette, diabétique.

         Le brigadier Lucie Hennebelle, jeune maman célibataire, travaille sur cette enquête. Mais elle-même n'est pas nette. Elle est fascinée par les écorchés de Van Hagens sur les chaînes cablées. Elle fait de la magie noire. Elle est persuadée qu'elle a des crimes écrits dans les lignes de sa main. On ne sait pas trop comment elle a pu rentrer dans la police. Mais du début à la fin, elle est en roue libre, mène son enquête dans son coin, n'appelle pas ses coéquipiers, va même jusqu'à s'aventurer seule dans un endroit qu'elle sait dangereux (alors qu'un coup de fil est si vite passé) ...A un moment, je me suis donc dit : "et si c'était elle, la Bête ?" Comme elle est maman, ça ne tient pas trop la route, mais pourquoi pas, après tout ? Il ya  des bébés et des enfants qui meurent dans ce roman, donc on peut tout imaginer, même le pire.

                       Sauf que de rebondissement en rebondissement, et malgré une histoire intéressante au départ, on sombre dans la surenchère. Il n'y a pas vraiment de résolution de l'énigme, ou plutôt, elle est tout à fait décevante. L'auteur s'est contenté d'accumuler les meurtres, l'horreur, les cadavres, et le pire, c'est que ça surprend au début mais qu'on s'y accoutume, qu'on n'est pas particulièrement ébranlé. Tout ça semble finalement gratuit, comme s'il n'y avait aucune morale à en tirer, comme si c'était un jeu (ainsi dans l'épilogue, on retrouve un salopard qu'on croyait mort avant d'apprendre rétrospectivement un nouveau crime et celui-ci vient comme un cheveu sur la soupe...de même que la violence qui surgit une nouvelle fois à la dernière page, comme s'il fallait ne jamais conclure, toujours additionner). De fait, je crois que j'oublierai ce roman aussi vite que je l'ai lu (et malgré ses 350 pages, il se lit très vite...).