assassin   Si vous avez l'occasion d'aller au festival de la BD d'Amiens ce week-end (7-8 juin 2014), ne manquez pas l'exposition sur l'oeuvre de Yannick Corboz. Je l'ai découverte aujourd'hui, et, dans la foulée, j'ai acheté les trois premiers tomes de la série L'assassin qu'elle mérite. Après avoir lu le premier tome, "I - Art nouveau", j'ai dévoré le deuxième puis le troisième...mais comme il vient de sortir (mars 2014), il ne me reste plus qu'à attendre patiemment la sortie du quatrième volume.

     Le titre m'intriguait. La couverture me faisait craindre que l'histoire ne soit qu'érotique. Mais la citation d'Oscar Wilde mise en exergue est vraiment  bien choisie : "Tuer est une faute. Il ne faut jamais rien faire dont on ne puisse parler après le dîner." On est ici dans un univers qui m'a rappelé le Portrait de Dorian Gray : l'homme transformé en oeuvre d'art. En l'occurrence, nous sommes plongés dans la Vienne de 1900, avec ses maisons closes et ses artistes. Victor, un jeune homme pauvre, dont le père est violent, se retrouve le pantin de deux noceurs cyniques qui tentent une expérience : "créer de toutes pièces un ennemi de la société à partir d'un être innocent !"

      A partir de là, on s'en doute, l'étau se resserre. Mais autour de qui ? De Victor ou de la société qui l'a fabriqué, façonné et qui en a fait son propre ennemi ? Ce premier tome met en place le duel à venir entre Alec, le riche désabusé, Pygmalion provocant, et sa marionnette déjà prête à se révolter contre l'ordre établi.

     Pour ma part, j'ai adoré : un scénario digne des romans d'apprentissage du dix-neuvième siècle avec un zeste de libertinage, une histoire de vengeance que l'on devine en filigrane, des caractères bien dessinés. Les illustrations, réalistes, font revivre la Belle Epoque entre son luxe tapageur et sa misère sociale. Pris entre ces deux mondes, Victor découvre à la fois le monde de la prostitution et la musique de Gustav Mahler. Le personnage est arraché à son cadre de vie, à sa famille, et en devient si déboussolé qu'il lui est impossible de revenir en arrière...

     Suite au prochain numéro ! ^^
     Mais j'essaierai de ne pas "spoiler" dans ma chronique du deuxième volume.