Une femme se réveille. Elle ne se souvient de rien, pas même de qui elle est :

"Je me retourne. Je vois un morceau de peau et des cheveux noirs, parsemés de gris. Un homme." (p.13)

dormirDès le début, toute l'intrigue est posée, son dénouement aussi. L'homme dit à l'héroïne qu'il est son mari et qu'elle est amnésique. On se doute qu'il lui ment, sinon on ne serait pas dans un thriller. On en a vite la confirmation :  "NE PAS FAIRE CONFIANCE A BEN" (p.48, en lettres capitales) Au niveau du suspense, c'est bizarre : je n'ai même pas eu besoin d'un spoiler pour deviner la fin.

De fait, le dénouement est convenu, attendu, mais heureusement, il n'arrive que 400 pages plus loin. On lit alors une cinquantaine de pages rythmées : du téléfilm américain cliché, avec beaucoup d'action, de la romance, des rebondissements...un feu d'artifice final peu profond, distrayant, mais tellement attendu que je l'ai trouvé ennuyeux.

Et pendant les 400 pages qui le précèdent ? Ma foi, c'est intéressant. L'héroïne oublie chaque nuit ce qu'elle a fait la veille. Pour suivre le déroulement de sa propre vie, elle tient un journal qu'elle retrouve chaque matin grâce au docteur Nash. C'est ainsi l'écrit qui la relie à elle-même. On perçoit l'importance de la mémoire, à quel point elle nous constitue, toutes les angoisses liées à sa perte. Cela crée aussi une impression de ressassement, puisque Christine Lucas se redécouve chaque jour, mais ce ressassement est lié à sa maladie. Finalement ce choix du journal intime, cette plongée dans l'inconscient est l'originalité du roman, ce qui fait qu'on le lit très vite, parce que l'héroïne enquête finalement sur elle-même.

Par conséquent :

- un thriller qui se lit vite ;

- le thème de l'amnésie est bien exploité ;

- l'auteur écrit un final grand public beaucoup moins original que ce qui le précède mais ça lui permet de plaire au plus grand nombre...De mon côté, c'est à cause de ces cinquante dernières pages que je prononce le verdict "Roman de plage".