Source: Externe

              De Loïc Dauvillier, j'avais déjà lu et apprécié Oliver Twist.
 

              Ici, ce n'est pas l'adaptation d'un roman, mais un récit qui parle de la Shoah à tous, y compris aux plus jeunes. Une vieille dame, Dounia, raconte à sa petite fille la deuxième guerre mondiale telle qu'elle l'a vécue. Le trait rond de Marc Lizano semble au départ contredire la noirceur des événements mais se révèle surtout apte à rendre compte de la tendresse de cette histoire familiale. Au premier plan, l'enfance, l'amour, l'humanité et ce, dès la couverture.  Ce qu'on découvre d'abord, c'est une petite fille, Elsa, et son doudou. Elle s'assoit sur les genoux de sa grand-mère qui lui raconte son enfance. Transmission, devoir de mémoire, mais surtout histoire qui pourrait être celle de n'importe quel enfant, qui est la nôtre.

               "Mais je me moquais de savoir qui avait gagné ou perdu."

               Comme dans la vie est belle de Benigni, les parents de l'enfant la lui présentent comme un jeu : l'étoile jaune devient une "étoile de shérif". Mais nulle exagération ici. La bande dessinée rend crédible cette association de la tendresse et de l'horreur, mise à distante mais pourtant nécessairement présente. Raconter la rafle du Vel d’hiv’ de juillet 1942 n'est pas facile. Les auteurs le font en laissant l'horreur à l'arrière-plan : c'est la vie qui prime dans cet album. C'est la voix d'un enfant s'adressant à d'autres enfants.

On peut difficilement ne pas aimer cette bande dessinée.

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