grey     J'ai participé à la lecture commune de mai / juin 2013 sur le forum Partage lecture.

 

      J'ai déjà lu il y a longtemps les Hauts de Hurlevent et Jane Eyre, mais j'ai découvert la plus jeune des soeurs Brontë avec ce livre de 276 pages paru aux éditions Archi Poche.

      L'auteur de la préface, Isabelle Viéville Degeorges, insiste sur la dimension autobiographique de ce roman qui se veut aussi un remarquable témoignage sur la condition des gouvernantes dans l'Angleterre victorienne et sur le système des classes sociales qui broie les individus. Agnès, du grec "agno" (pur) devient ainsi grise, terne, ne sachant jamais où s'installer quand elle doit prendre place auprès de ses jeunes maîtres. Comment pourrait-elle se faire obéir alors qu'ils sont d'une classe sociale supérieure à la sienne ?

      Le début du roman m'a beaucoup plu. La jeune Agnès Grey, voulant aider sa famille dans le besoin, entre au service des Bloomfield. Elle devient ainsi la gouvernante d'enfants indisciplinés mais également sadiques envers les animaux, aimant torturer les oiseaux...Le tout avec la bénédiction de leurs parents ( "ces chers petits anges"...), voire leur complicité.

      

              Puis Agnès Grey trouve un emploi chez les Murray. Elle doit cette fois s'occuper de deux demoiselles riches, dont l'une, coquette et séductrice, doit bientôt se marier.

             C'est vers la page 130 que j'ai failli abandonner cette lecture, pourtant bien commencée. Agnès Grey y rencontre une pauvre veuve, Nancy Brown, presque aveugle et s'ensuit une longue conversation sur la Bible, les versets et les enseignements de Dieu. Agnès Grey est fille de pasteur. Elle tombe amoureuse d'un pasteur, Edward Weston. Les enseignements moraux et chrétiens deviennent de plus en plus pesants au fil de la lecture. La chronique réaliste non dénuée d'humour tombe dans le moralisme et l'histoire d'amour à l'eau de rose. Le récit s'enlise progressivement dans la miévrerie.

             Mais le début du roman, avec la présentation de la famille Grey, si semblable à la famille Brontë, et les premiers chapitres où nous est sucessivement décrit chaque membre de la famille Murray (des enfants tortionnaires à la grand-mère qui surveille les faits et gestes d'Agnès Grey sous prétexte de lui parler...), mérite d'être découvert. La galerie des personnages qui y sont dépeints est suffisamment pittoresque pour attirer l'attention. Dommage que la suite de l'histoire, qui se déroule dans un autre cadre, soit beaucoup plus convenue.